François et Jean-Christophe

« La télévision est le sel de la nation. Quand elle est bonne, c’est qu’elle est en bonne santé. » Jean-Christophe Averty.

Coucou TPMP.

Génial réalisateur de radio et de télévision, subversif, inventif, et indiscipliné, Averty nous a quitté le 4 mars dernier, laissant derrière lui des coups de gueule légendaires et une oeuvre colossale.

Reportages, documentaires, et bien sûr videoclips, cet avant-gardiste de l’image est à l’origine de véritables bijoux télévisuels des 60’s, 70’s et 80’s. Graphisme extraordinaire et unique, découpe des plans, multiplication des personnages, contrastes et formes géométriques délirantes composent ce qui peut s’apparenter à de la haute couture télévisuelle, en tout cas certainement les plus belles pages du petit écran.

Le réalisateur vedette des vedettes, de notre Johnny national à Françoise Hardy, en passant par France Gall ou Gilbert Becaud, a sû mettre en scène la variété française d’une manière à la fois poétique et provocante, esthétique et impertinente.

 

Sa personnalité pleine de fantaisie s’accordant à merveille avec les mouvements surréaliste et dadaïste, Averty l’irréverencieux s’amuse à désacraliser les icônes de la culture pop. Son humour corrosif s’en donnant à coeur joie dans son l’émission « Les Raisins Verts », électrochoc télévisuel, on regarde des plaisanteries visuelles dans ce programme d’une autre planète. On peut par exemple y découvrir le hachoir à bébé en celluloïd, métaphore de l’absurdité de la vie, de l’individu écrasé par le système, de l’éternel recommencement, c’est la moulinette qui broie petits et grands. Hara-Kiri n’est pas loin.

Hachoir bébé

Cet humour décapant n’empêchant en rien le sublime, car « faire de la télévision, c’est comme faire l’amour, c’est un acte créateur », il s’attaque en 1971 à la mise en image du fantastique album-concept Melody Nelson, de l’intemporel Gainsbourg. Comme il l’avait fait auparavant avec Duchamp et Bécaud, Averty mêle musique et peinture, et Dali et Birkin, dans un univers fantasmagorique. Beau.

 

Grand mélomane, passionné de jazz et collectionneur de 78 tours, Jean-Christophe Averty avait compris l’importance de la musique à l’image. Pour lui, c’est la musique qui dicte tout : « Si la bande son d’une émission télé est riche, c’est elle qui vous force à regarder l’image. » Tellement vrai.

Et après l’art vidéo, l’artiste, son débit de parole et son cheveu sur la langue s’attaquent à la radio, notamment dans « Les Cinglés du music-hall ». Succès, cette émission précurseuse du Peer-to-Peer durera 28 ans.

On retiendra mille choses de Jean Christophe Averty, spécialement cette question existentielle : « Faut-il vivre dangereusement en essayant de faire quelque chose plutôt que de se traîner comme une larve dans la médiocrité ? »

 

 

Un article par

Aline
Aline
"DJ et DA junior chez Budde Music France, Aline aka Gisèle diffuse ses dernières trouvailles musicales, secret weapons et autres valeurs sûres au sein de multiples clubs parisiens (mais pas que) depuis 5 ans.

Après avoir fait ses armes avec la team du Mellotron.com en tant que journaliste et animatrice radio, remporté 2 DJ Contests (Les InrocksLab & 22Tracks), puis être passée par les platines du Bus Palladium, du Nuba ou de la Bellevilloise, elle a dernièrement habillé musicalement de prestigieux lieux de vie nocturne à Paris, comme le Silencio ou le Flow, et n'est jamais loin des platines pendant les fashion week, du Who's Next au Salon Première Classe.