— Ah, le vieux Simon! Toujours le mot pour rire!
— Moi je trouve que c’est un gros lourd.
— Toi tu sais pas rire, Louis. Heureusement qu’il est là le vieux Simon sinon je me serais déjà pendue mille fois à force de t’écouter pleurer sur ta pauvre petite vie!
— Pourquoi c’est le vieux Simon, d’ailleurs? C’est qui le jeune Simon?
— Mais même sur ça tu te poses des questions… Le vieux Simon c’est le vieux Simon, c’est comme ça !
— Ha! Dans tes dents, Marie! Merci, vieux Simon!
— Ah c’est beau la vie, une amitié de trente ans qui se solde par un couteau dans le dos! Retourne travailler, toi, fainéant ! Y’a encore la folle du fond qui est là, cette fois-ci tu ne lui offres rien, je t’ai à l’oeil!
— J’offre rien, moi! Ce que j’offre je le paie de ma poche, moi, contrairement à toi et tous les pastis du vieux Simon que tu notes jamais!  »
— Le vieux Simon a beaucoup souffert! C’est indigne de dire des choses comme ça ! Allez, zou !

 

Louis fit demi-tour puis s’arrêta au niveau de la porte, comme s’il avait oublié quelque chose.

 

— J’ai un haïku pour toi Marie!
— Qu’est-ce que c’est encore que ces conneries…
— Écoute : « Marie, rabougrie / Dilapide la caisse du bar / Et j’en suis ravi! »

 

Marie lui lança alors un sucre, outrée qu’on puisse dire qu’elle était malhonnête, même en plaisantant.

 

— Retourne au travail au lieu de dire n’importe quoi! Il délire ou quoi de dire des choses pareilles? J’ai raison ou pas, Simon? Ah, le vieux Simon! Toujours le mot pour rire!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un article par

Maxime Pierluisi
Maxime Pierluisi
Glandeur à temps partiel, génie à plein temps. Aime passionnément David Bowie, Marcel Proust et les avocats.