Il est loin le temps des RC, où on entendait Nekfeu applaudir avant de lâcher « c’est le bruit de mes boules contre tes fesses », l’eau a coulé sous les ponts. Mais Nek est fidèle et a emmené dans son ascension toute son équipe. Ce soir, à L’Accor Hôtel Arena se sont succédé Framal, Mecra, 2zer, S-pri Noir (en moonboots), Alpha Wann, la MZ et bien sûr Sneazzy, dont on salue la performance scénique (et son Fuck Donald Trump, Marine, Nicolas et tous les autres) sur la première partie mais aussi sur ses interventions pendant le set de Feu.


Après la perf de Sneazzy-et les 20min d’entracte-le show peut commencer. Une énorme boule blanche et rouge descend du plafond, et alors que nous nous attendons à voir Nekfeu en sortir c’est en fait Sangoku qui débarque (oui dragon ball huh), pour annoncer l’arrivée du Fenech. Petite blague qui laisse présager un concert inédit. En effet, on en a eu pour notre grade. 


Sceno impeccable, danseurs, Framal et Mecra sur des quads illuminés, mur de lumière qui se transforme à chaque chanson, un peu comme Nekfeu, qui s’est changé une bonne demie douzaine de fois dans la soirée. La fosse fait des pogos, en transe. Ça saute dans tous les sens. C’est feu. Mention spéciale à Doums, ombre et antithèse de Nekfeu, je crois pouvoir assurer facilement que tous les rappeurs aimeraient avoir un backeur de son acabit, rien à redire sur son flow en solo, rien à redire sur son style, Adèle, bien joué ! 

On nous avait annoncé une surprise en début de concert, on nous a fait nous inscrire sur un site. On a lancé des paris sur la teneur de la surprise mais aucun d’entre nous ne s’attendait à ça. 

22h50, mon téléphone sonne, un message de Nekfeu apparaît, qui annonce, en même temps  que lui en live, la sortie de son nouvel album « Cyborg ». WTF ? De mémoire je ne crois pas qu’il y ait eu de précédents à ce move marketing. Une équipe si soudée que personne n’a entendu parler de l’album. Bravo. Maintenant je n’ai qu’une seule hâte c’est de rentrer écouter ça. 


La fin du concert approche, Nekfeu rend hommage à Adama Traoré et sa famille, puis à ceux dans le public qui sont là depuis le début, depuis les RC. Il fait crier les pères de famille (celui de Mila était là en tous cas), les gamins, les jeunes pucelles, les bourges, les racailles, les journalistes, bref tout le monde est fou, quand d’énormes ballons fusent pour rebondir dans la fosse et dans les gradins. L’ambiance est proche de celle d’un stade rempli. Doums revient (habillé en Monky D Luffy) et ils nous refont le coup du bateau dans la fosse. Le public est clairement en folie. Fin du concert. 

Je saute dans un métro, et arrivée chez moi je peux enfin écouter Cyborg. 14 titres éclectiques, des feat avec Népal, Jazzy Bazz, Le « S-Croums », S-Pri Noir, Sneazzy, des titres sensuels, sensoriels, humains. Punchlines à n’en plus pouvoir, et chansons d’amour (qui laissent présager que finalement il a du rappeler la fameuse égérie) s’enchaînent avec une précision d’horloger suisse. Sûrement le meilleur album de cette fin d’année 2016, on ne peut que vous le conseiller, en cliquant ici d’urgence. 


Merci à Sacha

Un article par

Elo Tomi
Elo Tomi
Rédactrice en chef du webzine de la Maison Sage. Prêtresse badass & langue pendue