Dans la famille des bars à thème, je demande : le kitsch. Oui, on a tous en tête un bar, ou un restaurant comme ça. En fait, on en a même un pour à peu près tous les thèmes qui puissent exister. Surtout depuis quelques années et l’avènement du “tout pour le concept”. Bien en a prit à la restauration de se doter des orientations les plus douteuses d’ailleurs. Entre le tout gluten, le tout bio, le fait maison, l’éco-participatif, le 100% roulé sous les bras, le on vous le fait en musique, le avec du beurre sans beurre. Il faut bien avouer que l’on ne sait plus trop ce qui répond à une mode ; ce qui comble un véritable manque ; ce qui vous prend tout simplement pour un gogo.

Alors, quand il y a deux ans, un bar “100% avec des spiritueux français” vit le jour, les plus Montebourriens crièrent au génie, alors que la crème des blasés, y voyaient un attrape-couillon de plus à la sauce Yakaparisquonestassezbobopourça. Et il faut dire que le petit bonhomme n’était pour le coup pas en mousse, n’en déplaise à ceux dont l’enthousiasme n’est pas une seconde nature. Catapulté il y a peu dans le top 4 des meilleurs bars à cocktails du monde – au côté d’un autre frenchy le Little Red Door soit dit en passant – par les juges de Tales of the Cocktail* on peut dire que le Syndicat a su mettre tout le monde d’accord.

*sorte de Woodstock du monde du bar

La devanture du Syndicat

La devanture du Syndicat

Les plus sceptiques dans un premier temps, qui ont appris à aimer son côté bobo et décalé et sa devanture en perpétuelle dégradation et embellie. En témoigne le flux et le reflux d’affichage, qui constitue à lui seul une attraction incontournable de la rue du Faubourg Saint-Denis. Mais c’est surtout la justesse des breuvages, carte après carte et qui ont su réinventer toute la palette et la richesse des saveurs des cocktails classiques. Le tout avec une truculente french touch de derrière les fagots, qui a fini d’achever le bonheur des amateurs éthyliques.

Mention spéciale à sa terrasse qui les soirs d’été se remplit à la vitesse d’une pissottière un soir de fête de la musique et qui vous laissera profiter du passage incessant de la rue. On s’y sent bien, on y est bien traité et ce côté décalé entre l’écrin inclassable et les merveilles qui arrivent dans vos verres, a ce je ne sais quoi d’addictif. Le Syndicat est un bourgeois qui se néglige, c’est l’oncle Fétide de la scène cocktail parisienne, celui que l’on aimerait avoir en horreur, mais que l’on ne peut s’empêcher d’aimer. À l’instar de votre passion pour Chuck Norris et Van Damne, il n’y a rien dans le Syndicat que vous arriverez à détester. Et c’est bien pour ça qu’on y revient.

À ceux qui ne juraient que par le boire à l’américaine, ce petit bastion de coqs résistants fait un doigt et met le sien sur toutes les choses que l’on apprécie dans un bar à cocktails. Convivialité, professionnalisme, qualité et une petite dose savamment maitrisée d’impertinence, qui en font un incontournable de Paname.

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À ta santé Bonaparte !

Un bon syndicat, c’est celui qui commencerait par expliquer aux ouvriers ce qu’est le métier de patron.
« François Michelin »

Il ne vous reste plus qu’à apprendre.

Un article par

Benjamin Missoffe
Benjamin Missoffe
Que fait un commercial dans les vins, champagnes et spiritueux de son temps libre ? Il vous fait partager sa passion des bars, restaurants et bonnes adresses et de cinéma à ses heures perdues.

J'espère pouvoir vous transmettre, mon amour autant que mon désamour, des bonnes comme des moins bonnes choses, qui me tomberont sous la plume ;)