Aucune raison de s’empourprer devant les vitrines des sex-shop, les accessoires érotiques ont envahi les rues : colliers de chien, harnais, collant résille… Parallèlement à la vague féministe qui séduit la planète mode, le Porno chic fait un retour échauffé, et 2017 signe son apogée. Mais gare aux idées reçues, ces accessoires érotiques, et surtout emblématiques d’une tendance sulfureuse, se sont rachetés une conduite. Ou une street credibility, à voir.

 

Cette tendance du « culte du cul » est apparue dans les années 2000 par le biais de campagnes publicitaires de grandes marques de luxe. Celles-ci jouaient sur la transgression avec le stéréotype féminin de la femme au foyer pour faire en ressortir sa sexualité trash à travers un style érotique et une attitude décomplexée. Très controversés à l’époque, les adeptes étaient souvent des créateurs ou des photographes avertis, à l’image du célèbre Helmut Newton, pionnier du Porno chic.

 

«L’érotisme s’empare de l’accessoire avec une facilité déconcertante, comme une pincée de sel, c’est une pincée de X dans nos armoires. »

 

En 2017, les codes ont changé et le phénomène devient massif : après les podiums, les grandes enseignes de prêt-à-porter s’en emparent grâce à des accessoires emblématiques du SM que l’on emprunterai volontiers à la fameuse et « sacrée » chambre rouge de Christian Grey. Colliers de chien, harnais et collant résille, ces accessoires d’ordinaire associés à la violence et la vulgarité ne choquent plus, ils sont même devenus des « must- have » des garde-robes.

 

Le collant résille, pris au piège :

 

Révélé avec la culture punk et gothique, le collant résille en a vu des vertes et des très mûres : longtemps considéré comme l’attirail des filles frivoles, sulfureuses et même travailleuses du sexe, il redevient en 2017, un accessoire presque anodin du vestiaire féminin. Aux oubliettes les clichés, le fishnet, en français littéralement « filet de pêche », c’est bel et bien débarrassé de sa mauvaise réputation et toutes les jeunes filles l’arborent sans sourciller. Le magic trick ? Le mouvement streetwear s’est complètement emparé de cet accessoire pour le dénaturer de sa conation vulgos.

 

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Le choker, un collier qui a du chien :

 
En plastique, en cuir ou en velours, peu importe pourvu qu’il soit à votre cou. Autrefois apanage des prostituées et filles de petites vertu qui l’utilisaient afin de dissimuler leurs suçons violacés, le collier de chien reprend de sa superbe dans les mœurs actuelles. Ce collier habituellement réservé aux jeux de rôles SM scelle désormais la nuque de toutes les jeunes filles. Le magazine Vogue Paris parle même du «règne du choker» pour le printemps-été 2017. Mais comble de l’ironie, elles ne sont pas fétichistes pour un sou.

 

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L’harnais, cacher ses sangles que je ne saurez voir :

 

Avec ses sangles dans tous les sens, le casse-tête, pour ne pas dire casse-cul, c’est lui ! Au même titre que le collant résille ou le chocker, cet accessoire de bondage avait à l’origine

une fonction purement érotique. De nos jours, il se porte par-dessus une chemise ou un top, comme si de rien n’était.

 

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Carine Roitfeld, connue pour ses excentricités et son poste d’ancienne rédactrice en chef de Vogue Paris, à enchaîner les couvertures provocantes, à la limite du vulgaire, tout au long de sa carrière. Pour elle, le constat est sans appel : « Le porno chic n’a jamais réellement disparu. Seul le consommateur a évolué. Il suffit de sortir un peu pour comprendre, et pas besoin de chercher bien loin. Ce sont les réseaux sociaux qui sont responsables de cet engouement, pas une it-girl ne pose sans un choker à son cou quand ce n’est pas un collant résille à ses jambes ».

Preuve en est, la mode a toujours agi comme bon lui semble. S’emparer de n’importe quel objet pour le dénaturer et en faire un accessoire ou un vêtement soit-disant « indispensable » est une pratique habituelle. Et si les acronymes de quatre lettres sont synonymes de peur (RATP, SAMU ou SIDA), le BDSM ne le fait plus. Du coup, on attend l’arrivée du sac gode-michet avec impatience.

 

Julia Toledano et Chloé Maurin

Un article par

La Maison Sage
La Maison Sage
Un lieu de vie, de fête, de rencontre, de partage, situé en plein centre de Paris à deux pas de la place de la République. Appelez le « bar de nuit », « club alternatif » ou autres, nous l’appelons « maison de vie nocturne ». Un lieu pensé comme un temple de l’entertainment