Si je vous dis, films d’action ; energy drink ; mafia ; bouddhisme ; saumon agile ? Il y a fort à parier, que vous ne vous lèverez pas d’un seul homme, pour crier : Steven Seagal ! Et pourtant, c’est bien un CV non exhaustif du bonhomme, que je viens de vous dresser. Entre grandeur et décadence d’une future/ex/quasi star du cinéma d’action, faisons donc un tour en terrain miné avec le world’s number two, du film de série B – Chuck Norris approuve.

Saumon Agile et sa première femme Miyako

Saumon Agile et sa première femme Miyako

L’aventure de notre gominé préféré a commencé en Asie – au Japon plus précisément – où il tombera amoureux des arts martiaux, mais également des doctrines bouddhistes. Et ouai, ça vous la coupe hein ? Le gros dur, qui a fait de l’invincibilité, le trait de caractère commun à tous ses personnages, boit du thé matcha et chante des incantations en l’honneur des animaux.

Plus sérieusement, il reviendra surtout des contrées nippones avec deux enfants ; une femme divorcée ; le titre de premier occidental à posséder un dojo au japon ; plusieurs ceintures noires et un surnom : Saumon Agile. Remonté comme un coucou, après de telles faits d’arme, en 1987, le bougre décide de revenir au pays et va travailler comme garde du corps, chasseur de prime et même agent de la CIA. C’est d’ailleurs de sa carrière de garde du corps que va naître l’étincelle, car un de ses clients est agent pour Hollywood. Il n’en fallait pas plus, il décroche son premier gros rôle dans Nico – Above the law qui va le lancer dans le bain des acteurs bankable, pour films d’action testostéronés à donf. Nouveau pour Hollywood, qui ne connaissait pas vraiment l’aïkido et surtout pour le style gros dur qu’il apporte. Que celui qui a vu Seagal saigner dans un film se manifeste maintenant ou se taise à jamais.

S’en suivront donc les cultissimes Piège en haute mer, Out for justice ou encore Under Siege, qui le propulsent rapidement, au rang de digne successeur de Stallone et Schwarzenegger. Différence notable, là où ces deux derniers ont tendance à souffrir à l’écran, chez Seagal c’est plutôt, on tatane d’abord et on tatane ensuite, mais surtout, on ne prend pas de coups. Dans son genre, rarement un acteur aura mené au pinacle, comme Steven, l’originalité du cassage de genou en règle. On ne saurait que trop vous conseiller la scène de la carte bleue dans The Glimmer Man. Les succès amorcent petit à petit un changement, dans les thèmes que souhaite traiter Seagal dans ses films. C’est d’ailleurs pour beaucoup, la raison du déclin de celui que certains surnommeront également, Panda vigoureux.

Avant - Après

Avant                               Après

Et comme toutes les bonnes choses ont une fin. À force de s’adonner à la polygamie – 7 enfants au total avec 4 femmes différentes – il faut dire que les frais de bouche et les divorces auront raison de son compte en banque. Parallèlement, ses films marchent moins bien et il commence à se lancer sur le marché du direct to video (DTV) bien connu des américains. Tant et si bien, que son moral en baisse marque son déclin, tant physique, que financier. Obligé de tourner ses scènes au ralenti – puis de les faire accélérer en post production – en raison de son surpoids, il se fait aider de la mafia, avec qui il s’est trouvé des atomes crochus durant sa vie de garde du corps. Ces derniers, plutôt contents de l’image « positive » que renvoie d’eux Seagal dans ses films, n’hésitent pas à l’aider en finançant ses nanars. D’enfant prodige du cinéma d’action, il passe donc directement à la case acteur de série B de basse qualité. Quelques perles comme Terrain Miné, ou encore The Patriot, sont un bon exemple de ce que cet acteur laissera finalement à la postérité.

Quantité ne veut pas dire qualité

                   Quantité ne veut pas dire qualité

Dans culte il y a cul ; force est de constater que c’est souvent sur ce dernier que nous laisse Steven Seagal, entre OVNI du hard boiled action movie et acteur engagé. Il paraît que nul n’est prophète en son pays, cela se vérifie encore une fois et il n’est désormais que l’ombre de lui même. Enchainant les films à petit budget, pour éponger ses trois pensions de divorce ; on le retrouve désormais chanteur de blues et depuis cette année, probablement dans une opacité totale, citoyen russe par la grâce du bienaimé Vladimir P.

Nul doute qu’un jour, sa vie fera l’objet d’un film. Si la logique est respectée, il s’agira alors d’un DVD à 1€, parlant d’écologie et de bouddhisme, sur fond de guerre nucléaire résolue à coup de mandales dans la face. Le tout rapportant peu d’argent, mais faisant beaucoup de bruit. Le Saumon agile nage à contre-courant, c’est bien connu.

Un article par

Benjamin Missoffe
Benjamin Missoffe
Que fait un commercial dans les vins, champagnes et spiritueux de son temps libre ? Il vous fait partager sa passion des bars, restaurants et bonnes adresses et de cinéma à ses heures perdues.

J'espère pouvoir vous transmettre, mon amour autant que mon désamour, des bonnes comme des moins bonnes choses, qui me tomberont sous la plume ;)