Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, il est tout simplement un des talents les plus prometteurs de la scène New Wave française.  A l’occasion de la sortie du clip d’ « Astana » , j’ai bu une pinte avec Viot. Ensemble, on a  retracé son parcours, évoqué son amitié avec Lescop et les membres d’Asyl ainsi que les moments forts qui ont marqué l’artiste qu’il est aujourd’hui.

Après un premier EP , il sort en Avril dernier son premier album « Astana » (disponible à l’écoute sur son soundcloud), dans lequel il rêve de vengeance avec « Devenir un indien » ou voit rouge à sa manière avec… « Rouge », et puis bien sur, il nous emmène planer au dessus de la capital Kazakh

 

La Maison Sage: Salut Viot, la première fois que je t’ai entendu c’était sur Noomiz en 2010, tu étais dans le top avec la chanson Venus Bar, est venue ensuite ton premier EP éponyme, avant ce premier succès il s’est passé quoi?

Viot: J’ai écrit mes premières chansons et donné mes premiers concerts en 2007, je suis partie un an en Angleterre, et quand je suis revenu, j’ai décidé de m’y mettre un peu plus sérieusement, avec un peu plus d’ambition. C’est à ce moment là que j’écris « Venus Bar »,  mais aussi « Tokyo La nuit » sur le premier album de Lescop, ça a très bien marché pour lui, et du coup ça m’a vachement aidé. J’ai eu la chance de faire Rock en Seine, Les Bars en Trans, Europa Vox. Bon le truc, c’est que j’étais vraiment pas prêt quoi… quand tout ça m’est tombé dessus je devais avoir trois titres finis, je savais pas ce qu’était un éditeur, la seul chose dont j’étais sûr c’était que je voulais écrire des chansons. Ces dernières années, j’ai pris le temps d’apprendre ce qu’il y a à apprendre autour de ce métier mais aussi à me tenir sur scène, à maîtriser ma voix, j’ai pas fini et j’aurais jamais fini, mais je crois que je commence un peu à comprendre comment ça se passe.

MS: Tu as écrit pour Lescop, mais il a aussi écrit pour toi…

V: oui, à l’origine je lui avais demandé une chanson sur un bar… et puis finalement je lui ai envoyé une autre instru et c’est devenue « Autostrada ». Lui était intéressé par le Tokyo gay des années 50, j’étais à Manchester à l’époque et je lui ai écrit « Tokyo la nuit »

MS: Comment vous vous êtes rencontrés?

V: Par hasard, j’étais en vacances à Prague, il pleuvait et je suis rentré dans la première taverne qui venait et il y avait un concert d’Asyl, le groupe de Lescop. J’avais un T-shirt de Joy Division, et puis j’étais français, du coup on a sympathisé, on est devenue potes. Je venais à tout les concerts d’Asyl, et certains sont devenus comme des grands frères pour moi.
viot intro

MS: En avril dernier tu sors ton premier Album « Astana », pourquoi la capitale du Kazakhstan?

V: J’ai vu une expo photo sur Astana, ça veut tout simplement dire capitale en Kazakh. C’est une ville qui a été construite au milieu du désert, je trouvais ça assez mystérieux, et puis j’aimais bien la sonorité du nom, qui aurait put aussi bien être un prénom féminin.

MS: Tu t’es d’abord appelé AV (initiales d’Adrien Viot), pour ce premier album tu signes Viot, une façon de te découvrir un peu plus?

V: Avant, j’étais assez pudique, et sur cet album les chansons sont plus personnelles. Le premier EP était très cinématographique, je me cachais derrière des rôles, derrière une course poursuite, l’univers d’un film de zombie. Les chansons d’Astana sont en revanche très personnelles, très premier degré, intimistes,  je n’avais plus envie de me cacher derrière mes initiales.

MS: Tu gardes la même pâte, mais il y a une vraie évolution dans ta voix, sur ton album, la chanson « Rouge » par exemple  est  plus mélodique…

V: oui, j’ai beaucoup travaillé ma voix, j’ai pris des cours de chant sous hypnose.

MS: il faut que tu nous racontes ça!

V: En fait j’avais beaucoup de mal avec les cours de chant traditionnels, les situations sont toujours un peu dérangeantes… on a toujours un peu l’air con dans un cours de chant, alors que sous hypnose, on s’en fout et ça a été assez magique, ça m’a vraiment aidé. Pour la  petite histoire, c’est grâce une ancienne Claudette que j’ai découvert ça. Plus qu’un cours de chant, c’est plutôt du coaching, j’ai pris confiance en moi sur scène. Quand j’ai enregistré mon premier EP j’étais très timide et ça m’a libéré.

MS: Tu as eu la chance de faire  deux fois la première partie d’Etienne Daho, est ce que c’est un de tes modèles?

V: C’est la classe incarnée, charmant monsieur, mais adolescent c’est pas vraiment ce que j’écoutais, j’épluchais plutôt Bashung ou Daniel Darc.

MS: Comment vous en êtes venue a partager la même scène?

V: La première fois que je l’ai rencontré, c’est une amie qui me la présenté, c’était à la sortie d’un film. Il m’a dit  » je sais ce que tu fais »…j’étais flatté! Et puis un an plus tard, il m’a invité sur sa première partie et on a fait un live en radio avec lui. Sur scène il a pris le temps de nous présenter, c’est une personne adorable pour qui j’ai un infini respect. Et puis c’est une vrai pop star, la première fois que je l’ai vu en live, il est arrivé et il y avait un truc évident.

MS: Tu le disais, ton influence principale c’est Bashung, Gainsbourg aussi un peu?

V: Oui, je connais bien Gainsbourg, on est obligé de le connaitre quand on chante en français, ça m’est arrivé d’écrire des chansons pour d’autres artistes, on m’a dit « non mais Gainsbourg il l’a déjà écrit ça « . Dès qu’on fait un jeu de mot, il vaut mieux vérifier si il est pas dans l’une de ses 450 chansons…

En concert le 19 novembre au Supersonic.

www.facebook.com/adrienviot

 

 

Un article par

Augustin Frerejean
Augustin Frerejean
Les rédacteurs sont tous sages, à la Maison, lisez-les et ils se dévoileront
Articles récents